Comment élever un mouton de Shetland ? Caractéristiques et conseils indispensables

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Mouton de Shetland

Vous rêvez d’accueillir un adorable mouton Shetland dans votre jardin ? Laissez-vous tenter par ces petites boules de poils rustiques et attachantes ! Mais avant de sauter le pas, il est important de bien se préparer.

Que vous soyez un novice en herbe ou un berger confirmé, ce guide vous apportera toutes les informations nécessaires pour offrir une vie heureuse et paisible à vos moutons Shetland.

Alors, prêt à vivre une expérience inoubliable en compagnie de ces animaux fascinants ?

Le mouton de Shetland : un animal robuste et facile à élever

Autrefois menacé d’extinction, le mouton de Shetland, originaire d’Écosse, a été sauvé par des éleveurs passionnés. Cette race à croissance lente, qui a conservé ses instincts primitifs, peut vivre presque toute l’année à l’extérieur et s’adapter à une mauvaise qualité de pâturage. De plus, il n’a pas besoin d’être tondu. Sa laine bénéficie d’une Appellation d’origine protégée (AOP).

L’histoire du mouton de Shetland

Le mouton de Shetland tire son nom de l’archipel des Shetland, en Écosse, où il a survécu pendant des siècles dans des conditions difficiles. Il fait partie du groupe des petits moutons à queue courte qui prospéraient autrefois dans les îles britanniques et d’autres régions du nord de l’Europe. Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, le Scottish Dunface était la principale race de moutons dans les Highlands et les îles écossaises. Aujourd’hui, le Shetland est l’un de ses descendants.

La sauvegarde de la race Shetland

Au début du XXe siècle, la race Shetland était menacée par les croisements successifs. Pour lutter contre ce déclin, la Shetland Flock Book Society a été fondée en 1927 et a établi les standards de la race. En 1977, le mouton a été inscrit en catégorie 2 – en voie de disparition – sur la liste de surveillance des espèces de la Rare Breeds Survival Trust (RBST). Aujourd’hui, le mouton de Shetland est principalement élevé dans les îles Shetland, mais aussi dans d’autres régions du monde où il a été importé, comme la Scandinavie, la Finlande, le Canada et les États-Unis.

Les caractéristiques physiques du mouton de Shetland

Le mouton de Shetland est une petite race ovine, mesurant de 46 à 61 cm au garrot. Les béliers pèsent entre 41 et 57 kg, et les brebis entre 34 et 45 kg. Leur toison pèse entre 0,9 et 1,8 kg et se caractérise par différentes couleurs et motifs. En général, les mâles de cette race portent des cornes alors que les femelles en sont dépourvues.

Les qualités du mouton de Shetland

Le mouton de Shetland, très proche du mouton sauvage, est classé dans les races naturelles, n’ayant subi que peu de modifications génétiques de la part de l’homme. Il est resté petit, à queue courte et pourvu d’une croissance lente par rapport aux races commerciales. Cette race résistante et économe est appréciée pour sa capacité à se débrouiller seule, avec peu d’intervention humaine. Le mouton de Shetland est surtout élevé pour sa laine, moins pour sa viande, car sa petite taille et sa croissance lente limitent sa rentabilité.

Les propriétés de la laine du mouton de Shetland

La laine fine et douce du mouton écossais constitue une ressource économique historique pour les îles du Shetland. En 2011, la laine du mouton Shetland a obtenu l’Appellation d’origine protégée (AOP) sous la dénomination de Native Shetland Wool. La communauté européenne a reconnu les propriétés uniques de sa toison, composée à la fois de longs poils de protection et d’un sous-poil très fin qui isole les animaux du vent glacial.

Les différentes couleurs de la laine du mouton de Shetland

La laine de Shetland peut se décliner dans une large palette de tons. Cette diversité en fait un matériau très prisé par les artisans qui travaillent sur des fibres naturelles. Les couleurs et motifs – reconnus par l’association de conservation de la race – empruntent leur nom au dialecte scots shetlandic, issu de la langue scandinave norne, jadis parlée sur les îles Shetland.

Les 11 couleurs admises :

  • Gris clair ;
  • Gris ;
  • Blanc ;
  • Musket (brun-gris clair) ;
  • Shaela (gris d’acier foncé) ;
  • Mioget (brun-jaunâtre couleur miel) ;
  • Emsket (gris-bleu foncé) ;
  • Noir ;
  • Fauve ;
  • Moorit (brun-rougeâtre)
  • Brun foncé.

Parmi les 30 motifs admis :

  • Katmoget (museau de blaireau) : ventre foncé et ombres foncées autour du nez et des yeux, plus clair ailleurs ;
  • Gulmoget (mouflon) : ventre clair, tête foncée avec marques claires autour des yeux, foncé ailleurs ;
  • Yuglet : généralement clair avec des taches de “panda” foncées autour des yeux ;
  • Bleset : foncé avec des taches blanches sur le bas du visage ;
  • Smirslet : marques blanches autour du museau ;
  • Sokket : chaussettes blanches sur les pattes ;
  • Bersugget ; taches irrégulières de couleurs différentes ;
  • Bielset : col d’une couleur différente.

Comment élever un mouton de Shetland ?

L’espèce étant grégaire, il est nécessaire d’avoir au moins 2 moutons de Shetland. Voici quelques conseils pour élever cette race dans les meilleures conditions :

Le terrain

Il faut prévoir au minimum 200 à 300 m² de terrain pour chaque individu. Si l’on tient compte du besoin de rotation sur 2 pâtures, une surface minimum de 2000 m² pour 2 moutons est conseillée.

La clôture

Un enclos bien clôturé est essentiel pour assurer leur sécurité face aux prédateurs et éviter que les moutons ne s’échappent. La clôture doit être vérifiée régulièrement.

L’abri

Cette race rustique peut supporter des conditions météorologiques difficiles, mais ils ont besoin d’un abri pour se protéger du vent, de la pluie, de la neige et aussi d’un soleil intense. Les abris naturels tels que les arbres, les haies et les buissons peuvent suffire et si cela n’est pas possible, un abri artificiel doit être construit. Dans ce cas, il faut compter au moins 2 m² par ovin.

L’alimentation

Le pâturage est un élément clé dans l’alimentation des moutons de Shetland car l’herbe représente au moins 60% de leur régime alimentaire. Pensez à leur offrir des aliments supplémentaires comme des céréales, des oléagineux, ainsi que des compléments minéraux et vitaminiques. Un accès permanent à de l’eau propre est indispensable.

La tonte

La tonte du mouton de Shetland n’est pas indispensable car l’ovin perd sa toison tout seul au printemps. Traditionnellement, la laine était tirée à la main une fois qu’elle commençait à tomber.

La reproduction

Les brebis Shetland sont très saisonnières. Elles sont fertiles d’octobre à novembre et mettent bas au printemps ou en été. Sur les prairies riches, les naissances gémellaires d’agneaux sont plus fréquentes, surtout chez des femelles matures. Les brebis Shetland sont robustes, faciles d’agnelage, et produisent suffisamment de lait pour leurs petits.

Les soins de santé

Il est important de programmer des visites de routine chez le vétérinaire pour les vaccins et les contrôles de santé. Soyez attentif aux signes de maladies courantes chez les ovins, tels que la gale, les parasites internes et externes. Sensible aux parasites intestinaux, le mouton de Shetland doit être régulièrement vermifugé. Même si cette race se débrouille bien seule, il est recommandé de surveiller constamment le comportement des animaux pour repérer rapidement tout signe de maladie ou de blessure.