Pourquoi la médecine doit mettre à jour sa compréhension du type de peau

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La diversité culturelle et ethnique est une réalité incontournable dans nos sociétés modernes. Cette diversité se reflète également dans la variété des teints de peau. Pourtant, la façon dont nous parlons, comprenons et classifions le teint de la peau est souvent limitée et inadéquate. Cet article explore l’échelle Fitzpatrick Skin Type (FST), largement utilisée pour classer les teints de peau, ses limites et la nécessité d’une approche plus inclusive et diversifiée.

Comprendre l’échelle Fitzpatrick Skin Type (FST)

L’échelle Fitzpatrick Skin Type (FST) a été développée en 1972 par Thomas Fitzpatrick. Elle a été conçue pour déterminer la probabilité que différentes nuances de peau brûlent ou non lors de l’exposition au soleil ou pendant la photothérapie. Initialement, l’échelle ne comprenait que quatre types, reflétant les teints de peau plus clairs.

En 1988, deux types supplémentaires ont été ajoutés pour inclure les teints de peau plus foncés. Les six types indiquent la quantité de mélanine présente dans la peau, ce qui détermine la probabilité que la peau brûle lors d’une exposition aux rayons UV.

Limites de l’échelle FST

Malgré son utilisation répandue, l’échelle FST présente plusieurs limites. Premièrement, elle repose sur une enquête subjective et autodéclarée, ce qui peut entraîner des interprétations erronées.

Deuxièmement, l’échelle FST ne tient pas compte des réactions cutanées plus nuancées à la photothérapie, comme l’irritation, la sensibilité et les démangeaisons, qui peuvent être plus prononcées chez les personnes à la peau plus foncée.

Utilisation de l’échelle FST en dehors du contexte clinique

L’échelle FST est également utilisée en dehors du contexte clinique, notamment par les entreprises technologiques pour créer des algorithmes dans des produits et services tels que la recherche Google et Photos.

Cependant, le fait de n’avoir que six types de peau crée des défis et des limites pour l’IA et l’apprentissage automatique. En réponse à cela, Google adopte la Monk Skin Tone Scale, une échelle élargie qui reflète davantage la diversité réelle des teints de peau.

Confusion entre teint de peau, origine ethnique et race

photographer angelica dass stands in front of her art installation of various people with different skin tones

Il est important de noter que l’échelle FST, initialement conçue pour déterminer la réaction de la peau au soleil, est souvent utilisée de manière inappropriée pour identifier l’origine ethnique et la race. Selon une enquête anonyme menée auprès de dermatologues, 31% ont déclaré avoir utilisé le FST pour décrire la race ou l’origine ethnique du patient.

À mesure que la diversité des teints de peau s’accroît, il est essentiel d’élargir notre réflexion au-delà de l’utilisation du seul FST. Nous devons reconnaître son intention initiale et utiliser ce que nous avons appris pour développer de meilleures façons de discuter des teints de peau. Cela est nécessaire non seulement sur le plan clinique, mais aussi dans le développement de produits de soins de la peau, de thérapies et de formation médicale.